La voir partir. "Loin des yeux, loin du coeur" dit-on.
Et bien, oui.
Car, aujourd'hui je n'ai plus le courage d'aller la voir comme avant et de ne pas pouvoir me dire:
"Aujourd'hui, on va se faire plaisir!!!"
Lui faire ce petit bisou sur le nez , la sortir du pré.
L'empêcher de brouter en sachant que si je craquais, il y en aurait pour des heures.
Sauter le petit fossé, la féliciter.
Aller à la douche, pousser un gueulante parce que ses pieds sont vraiment dégueulasses.
L'attacher et faire son pansage.
Savoir qu'elle va lever la tête et faire ses yeux blancs quand je lui gratterais l'encolure avec l'étrille.
Lui crier dessus parce qu'elle ne tient pas en place mais de toute façon, savoir que ça ne sert absolument à rien parce que je lui répète depuis un an mais que ça ne change rien.
Lui mettre le tapis, la moumoutte, la selle.
Redouter, le terrible moment du mors.
Mais savoir qu'avant, elle me ferait un gros calin et qu'elle s'appuiera sur moi et fermera ses yeux de bonheurs à partit du moment ou je lui grattouillerais le toupet.
Aller au montoir, et se dépêcher avant qu'elle ne fasse demi-tour, car mademoiselle a changé d'avis.
Partir à la carrière. Détendre. Pas.Trot.Galop.
Me dire que c'est une vraie peste, qu'elle ne fera jamais d'effort.
Demander au premier venu de me monter un obstacle.
30. 50. 80. 1m05.
Et puis, il y a ces moments de complicité totale.
L'été, 20 heure, plus personne sauf MA Caroline, à cru, sans rien pour la retenir, en chaussette, sans bombe. Et la confiance fait tout.
Les balades à cru, plein cul au galop en saut de mouton vrillé écart, et renversant le premier fou qui se mettait dans ma vue.
Les galopades dans le champs...
Tout le reste.
Et c'est avec le coeur déchiré que je me rappelle de cette dernière fois.
Je t'aime Jolie.